Bibliothèque

Dans cette section – en cours de création – on dresse l’inventaire de nos lectures sur Bruxelles, ainsi que sur les différentes formes d’action citoyenne qui émergent aujourd’hui dans les villes européennes. Si vous avez des ouvrages à  conseiller, n’hésitez pas écrire : info@dewey.be.

« Squatter le pouvoir, Les mairies rebelles d’Espagne » | Lux | Paris | 2016

Et si c’était dans les villes que l’Europe sociale voyait le jour? Si c’étaient les maires qui faisaient advenir le projet de communauté défiguré par les banques, la troïka et de médiocres économistes? Voilà l’un des espoirs que nous donne l’Espagne d’aujourd’hui. Loin du marasme austéritaire et cravaté, des mairies indignées et rebelles ont surgi dans des dizaines de villes, dont Barcelone et Madrid. Malgré les promesses de Podemos, la politique nationale espagnole bégaie. Mais à l’échelle municipale, des figures fortes et charismatiques, comme l’ancienne squatteuse Ada Colau et la juge antifranquiste Manuela Carmena, explorent de nouvelles façons de faire de la politique. Ludovic Lamant a rencontré des dizaines de femmes et hommes des marées citoyennes qui ont déferlé sur la péninsule ibérique. Alternant témoignages, reportage et analyse politique, il remonte aux origines politiques, historiques et sociales du phénomène et en propose un premier bilan. Portrait de plateformes citoyennes inédites en Europe, ce récit d’un soulèvement qui perdure se révèle être aussi une boîte à idées pour les mouvements de défense des communs ailleurs dans le monde.

« Les villes rebelles » | Buchet | Paris | 2013.

Sur les grandes places du Caire, de Madrid, d’Athènes ou de New York, des mouvements de contestation et d’opposition au capitalisme financiarisé se font jour. Ils sont la marque, selon David Harvey, d’une revendication, toujours renouvelée, du « droit à la ville ». Car la ville, en tant que centre par excellence d’accumulation du capital, est également la ligne de front des luttes pour le contrôle de l’accès aux ressources urbaines. Promoteurs immobiliers, banquiers et financiers dictent ainsi la qualité et l’organisation de la vie quotidienne d’une population tenue à l’écart des décisions les concernant au premier chef. Villes rebelles place la cité au cœur de la réflexion sur le capitalisme et la lutte des classes. À travers la Commune de Paris, Occupy Wall Street ou les émeutes de Londres, Harvey s’interroge : dans quelle mesure peut-on construire des villes socialement plus justes et écologiquement plus rationnelles ? Ne sont-elles pas le foyer d’une résistance anticapitaliste ? Mais aussi le lieu d’une réappropriation révolutionnaire du tissu urbain ?

P. Dardot & Ch. Laval | Commun, essai sur le révolution au XXIème siècle | Paris | 2014

Partout dans le monde, des mouvements contestent l’appropriation par une petite oligarchie des ressources naturelles, des espaces et des services publics, des connaissances et des réseaux de communication. Ces luttes élèvent toutes une même exigence, reposent toutes sur un même principe : le commun. Pierre Dardot et Christian Laval montrent pourquoi ce principe s’impose aujourd’hui comme le terme central de l’alternative politique pour le XXIe siècle : il noue la lutte anticapitaliste et l’écologie politique par la revendication des « communs » contre les nouvelles formes d’appropriation privée et étatique ; il articule les luttes pratiques aux recherches sur le gouvernement collectif des ressources naturelles ou informationnelles ; il désigne des formes démocratiques nouvelles qui ambitionnent de prendre la relève de la représentation politique et du monopole des partis. Cette émergence du commun dans l’action appelle un travail de clarifi cation dans la pensée. Le sens actuel du commun se distingue des nombreux usages passés de cette notion, qu’ils soient philosophiques, juridiques ou théologiques : bien suprême de la cité, universalité d’essence, propriété inhérente à certaines choses, quand ce n’est pas la fin poursuivie par la création divine. Mais il est un autre fil qui rattache le commun, non à l’essence des hommes ou à la nature des choses, mais à l’activité des hommes eux-mêmes : seule une pratique de mise en commun peut décider de ce qui est « commun », réserver certaines choses à l’usage commun, produire les règles capables d’obliger les hommes. En ce sens, le commun appelle à une nouvelle institution de la société par elle-même : une révolution.

 

Henri Lefebvre | Le Droit à la Ville | Seuil | Paris | 1968

L’urbain manifeste aujourd’hui son énormité, déconcertante pour la réflexion, l’action et même l’imagination. Sens et fin de l’industrialisation, la société urbaine se forme en se cherchant et oblige à reconsidérer la philosophie, l’art et la science qui ne peuvent éviter la confrontation avec cet objet nouveau. Ce qui oblige à concevoir une stratégie de la connaissance, inséparable de la stratégie politique. Selon quel axe penser cette stratégie du savoir ? Vers l’entrée en pratique d’un droit : le droit à la ville, à la vie urbaine, condition d’un humanisme et d’une démocratie renouvelés. Ce livre fondateur a été prolongé par Espace et politique, Du rural à l’urbain, La production de l’espace.

 

John Dewey | La quête de certitude | Gallimard | Paris | 2014

La Quête de certitude, dont on a souvent dit qu’il constitue l’exposé le plus précis et le plus complet du pragmatisme de Dewey, rassemble et réagence de manière décisive les résultats obtenus. Le point de départ en est la dénonciation des difficultés que suscite le besoin de certitude lorsque celui-ci se confond avec une quête de l’immuable et du permanent. S’appuyant sur l’exemple de l’enquête telle qu’elle se pratique dans les sciences de la nature, John Dewey se demande comment conduire l’intelligence dans le domaine des valeurs. Renonçant à l’opposition de la connaissance et de l’action, de la théorie et de la pratique, il propose une méthode visant à garantir, par la considération des conséquences, la sûreté du jugement. Tel est l’axe autour duquel pivote la révolution copernicienne qu’il appelle de ses vœux. Tiré des Gifford Lectures que John Dewey fut invité à donner au printemps 1929, La Quête de certitude est une œuvre philosophique de maturité qui constitue en même temps un point d’accès privilégié à l’ensemble de la pensée du philosophe.

Bruxelles, histoires de planifier. Urbanisme au XIXème et XXème siècle | Mardaga | Bruxelles | 2014

Aboutissement d’une vaste recherche menée par plusieurs spécialistes, ce livre confronte deux visions apparemment antagonistes : d’une part la planification territoriale, concept élaboré au début du 20e siècle et qui se voulait scientifique, d’autre part l’art urbain, pratiqué au 19e siècle et empreint d’empirisme. Ceci dans le but de mieux appréhender comment ces visions ont marqué une ville qui a muté deux fois durant cette période, devenant d’abord capitale d’un pays petit mais puissant grâce à ses industries, ensuite capitale officieuse, puis officielle d’une Europe complexe. Une histoire de planifier à Bruxelles singulière, pleine de rebondissements et souvent de paradoxes. En atteste la narration de la naissance de divers quartiers tels qu’ils ont été rêvés, voulus puis réellement ordonnancés. Elle est originale par le caractère très souvent inédit des archives consultées et publiées (des esquisses jusqu’aux documents officiels), le caractère étrange de décisions importantes qui sont rapportées et avaient été escamotées jusqu’ici (l’Administration de l’Urbanisme est née en pleine guerre), le rôle fréquemment salvateur du temps qui sépare les projets de leur réalisation (ainsi le revirement complet des idées à la fin des années 1960).

« Espaces disputés, espaces partagés » | Dir. études et planification, Administration de l’Aménagement du Territoire et du Logement | 2015.

Bruxelles est depuis toujours un lieu de pouvoir important. Pour asseoir ce rôle, des investissements considérables ont été consentis régulièrement pour remodeler l’image de la ville. Bruxelles devient progressivement le lieu de résidence et d’exercice du pouvoir princier, royal, étatique, et supra-étatique, le nœud d’un réseau de circulation routier, par eau, ferroviaire, puis aérien, un lieu central de production et d’échange. Désormais Région à part entière d’un état fédéral, elle assume en outre le rôle de capitale de fait de l’Europe. La ville est aussi un espace de vie et d’habitat, déterminé par son histoire ancienne et par les développements rapides des 19e et 20e siècles. L’espace urbain s’en trouve à la fois partagé et disputé entre les différents acteurs et enjeux qui rythment le processus d’urbanisation au fil du temps. La ville au jour le jour résulte de la coexistence mais également de la confrontation des différentes fonctions urbaines (activités économiques, logement, équipements publics, transports) et des intérêts variés des acteurs économiques (propriétaire, entrepreneur, promoteur), politiques (prince, état, représentants) et des habitants qui se partagent l’espace et l’usage de la ville. Ces derniers, en raison de la démocratisation croissante du fonctionnement de la société, jouent aujourd’hui un rôle plus actif dans la gestion et l’aménagement de la ville.

 

Gwenaël Brëes | Bruxelles-Midi. L’urbanisme du sacrifice et des bouts de ficelle | Aden | Bruxelles | 2009

L’histoire de Bruxelles est jalonnée de grands projets immobiliers qui, cycliquement, ont dévasté le tissu urbain et se sont terminés par un «Plus jamais ça !» L’avènement de la Région de Bruxelles-Capitale, en 1989, portait l’espoir que soit mis fin à cet urbanisme imposé d’en haut et que la ville ne subisse plus de saccages comme celui du quartier Nord. Avec l’annonce de l’arrivée du Train à grande vitesse (TGV) en gare du Midi, il a vite fallu déchanter. Une nouvelle fois, le «progrès» et le «développement international» ont suscité les convoitises immobilières et déclenché le «nettoyage social» d’un quartier populaire… Tout juste 20 ans plus tard, un livre revient sur cette saga politico-financière toujours inachevée et qui a mené à la démolition du quartier Midi. A travers une investigation fouillée et documentée, cet ouvrage révèle les dessous de l’un des plus grands fiascos urbanistiques de ces deux dernières décennies en Belgique.

 

« Agglomérer, une anatomie de l’extension bruxelloise » | VUB Press | Bruxelles | 2010.

Ce livre montre comment les fonctionnaires de l’Etat ont réussi à guider et à façonner l’agglomération bruxelloise. Il dissèque des archives de l’Etat afin de montrer comment au 19e siècle celui-ci a réussi à construire et à véhiculer une réflexion sur le temps, sur l’avenir et sur l’agencement auprès des autres protagonistes de la ville. Il démontre qu’aux mains des fonctionnaires de l’Etat, les quatre outils usuels de l’urbanisation que sont l’alignement, la projection, le régime urbain et le nivellement se sont modifiés jusqu’à devenir à la fois des énigmes philosophiques et des forces de la mutation territoriale elle-même.

 

Marc Meganck | Bruxelles disparu | 180° éditions | 2013

En raison du rôle de place-forte qui lui avait été dévolu au cours des temps, dans le but de verrouiller la route menant à Bruxelles et aux Pays-Bas contre les Français, envahisseurs historiques de nos contrées, la ville de Mons est restée enfermée derrière de puissantes fortifications pendant près de six cents ans. De ce fait, aussi étonnant que cela puisse paraître, l’enceinte médiévale entourant la cité a subsisté jusqu’en 1816. Les divers maîtres de la ville – au gré des conquêtes et des reconquêtes – s’étaient contentés jusque là d’élargir et renforcer le dispositif existant par de vastes constructions, lesquelles s’étendaient parfois loin dans la campagne environnante, mais toujours en laissant debout l’ancienne fortification du Moyen-Age, ainsi que ses six portes.

« Bruxelles, un voyage à travers le monde » | ASP | Bruxelles | 2012.

Sur le Bruxelles de l’immédiat après-guerre s’est greffée une nouvelle ville, en partie avec les mêmes bâtiments, mais surtout avec de nouveaux habitants. Plus de la moitié des « Ketjes » ont aujourd’hui des racines étrangères. Entre la Basilique de Koekelberg et la Forêt de Soignes déambulent à peu près 170 nationalités différentes. Des placeurs de gyproc brésiliens aux Grecs qui se sont cassé le dos en construisant le métro, des petites dames bulgares dans les vitrines du quartier nord aux Libanais vendant leurs voitures d’occasion le long du canal. Restaurateurs chinois et vietnamiens dans le quartier de la Bourse, expatriés super diplômés dans le quartier Schuman, aristocratie russe dans une vallée uccloise. Sans mentionner les personnes d’origine mixte. Comment cette diversité impressionnante a-t-elle pu se développer à une telle allure en soixante années ? Bruxelles offre à ces nouveaux Bruxellois un visage et un passé. Non seulement le livre combine en un style narratif les témoignages et la recherche sur le sujet, mais il constitue aussi une déclaration d’amour à une métropole multicolore qui reflète l’histoire de notre planète. Un voyage à travers les hommes et la littérature. Et pour les non-Bruxellois, un voyage vers demain.

 

« Le Bruxelles des révolutionnaires » | CFC éditions | Bruxelles | 2016.

« Le Bruxelles des révolutionnaires » est un ouvrage collectif dirigé par l’historienne Anne Morelli. Dans ce livre richement illustré, le lecteur part sur les traces de la révolution de 1830 pour arriver à « Bruxelles, terrain d’action des luttes urbaines », en passant par la Grand-place « ouvrière » où les lieux de la capitale fréquentés par Marx, Lénine, Victor Hugo… Nous reproduisons ici l’introduction de l’ouvrage par celle qui l’a dirigé. Bruxelles est actuellement la ville du monde où se déroulent le plus grand nombre de manifestations. De toute l’Europe les manifestants y convergent : dockers refusant le dumping dans les ports européens, sidérurgistes privés de leur outil de travail, agriculteurs poussés à l’abandon de leurs terres par les multinationales de l’agroalimentaire, enseignants licenciés à la suite des coupes budgétaires, syndicalistes inquiets des décisions européennes limitant le droit de grève… Ils viennent manifester à Bruxelles, contre Bruxelles qui, dans le langage journalistique, représente la bureaucratie européenne, les décisions difficiles à comprendre, les économies drastiques, l’arbitraire administratif, qui s’imposent aux gens d’en bas via leurs gouvernements qui disent se plier devant « Bruxelles ».

« Mots de la Cage aux Ours » | Constant | Bruxelles | 2012.

Cet ouvrage est un condensé de la langue parlée dans le quartier de la Place Verboekhoven à Schaerbeek. Tous les mots sont également repris sous forme d’enregistrements sonores dans le dictionnaire sur lalangueschaerbeekoise.be. Les voix, les timbres, l’ambiance et les sons des enregistrements s’effacent dans le noir du texet, d’où le besoin de créer un dictionnaire unique, truffé de photos, de particularités stylistiques et grammaticales, et de textes explicatifs. Le dictionnaire a été rédigé à l’attention des habitants du quartier, ainsi que pour tous ceux qui s’intéressent aux langues et aux grandes villes. Ce volume se lit comme un échantillon sonore ou un portrait, mais il peut aussi être emporté comme un dictionnaire de poche à la découverte du quartier. Cette publication est enfin une introduction, une invitation et  – on l’espère – un outil de travail pour celui qui souhaite se plonger dans l’énorme richesse du melting-pot linguistique que l’on entend au quotidien dans la métropole. Salam !